Bien avant l’apparition du village et des paysages pastoraux actuels, le plateau de Caussols était déjà fréquenté par l’homme.
Sa situation, son relief et ses ressources ont très tôt attiré des groupes humains, qui y ont trouvé à la fois des voies de passage, des zones d’observation et des espaces favorables à une occupation ponctuelle ou durable.
Les traces de cette présence préhistorique sont discrètes, parfois fragmentaires, mais elles inscrivent Caussols dans une histoire humaine très ancienne, intimement liée à la géographie du plateau.
Un territoire naturellement propice à l’installation humaine
Le plateau de Caussols présente plusieurs caractéristiques qui expliquent son attrait précoce.
Situé entre les plaines littorales et les reliefs alpins, il constitue un espace de transition, à la fois corridor naturel et zone de contrôle des déplacements.
Les dolines, replats et bordures de plateau offrent des points d’observation privilégiés, tandis que le relief karstique fournit des abris naturels, des cavités et des zones protégées du vent. La présence d’eau, bien que rare en surface, est rendue possible par des zones humides temporaires, des sources émergentes en contrebas et un réseau souterrain important.
Ces éléments combinés ont favorisé des occupations humaines dès le Néolithique, voire avant, dans un cadre où les ressources étaient certes limitées, mais relativement prévisibles.
Des traces anciennes, souvent indirectes
À Caussols, la Préhistoire ne s’exprime pas par de grands sites spectaculaires.
Elle se devine à travers des indices dispersés : vestiges lithiques, structures funéraires, aménagements rudimentaires, parfois repérés en périphérie immédiate du plateau.
Plusieurs dolmens néolithiques sont recensés dans le secteur élargi, notamment sur les plateaux voisins et les axes naturels reliant Caussols aux vallées environnantes. Ces monuments funéraires témoignent d’une occupation organisée, structurée autour de communautés capables de mobiliser du temps, de la main-d’œuvre et une connaissance fine du territoire.
Même lorsque ces dolmens sont aujourd’hui ruinés ou incomplets, leur implantation n’est jamais anodine : elle répond à une logique topographique, symbolique et territoriale.
Un rapport étroit au paysage
Les premières occupations humaines à Caussols s’inscrivent dans un rapport très direct au milieu naturel.
Les groupes préhistoriques ne cherchent pas à transformer profondément le plateau. Ils s’adaptent à ses contraintes : sols minces, climat rigoureux, ressources limitées.
L’implantation humaine reste mobile, opportuniste, probablement saisonnière pour partie. Le plateau est utilisé comme espace de chasse, de passage, de surveillance, voire de rassemblement, plutôt que comme un lieu d’habitat dense et permanent.
Ce mode d’occupation explique en partie la discrétion des vestiges aujourd’hui observables.
Le rôle des cavités et du karst
Le karst de Caussols joue un rôle central dans la Préhistoire locale.
Les grottes, abris sous roche et fissures naturelles offrent des refuges temporaires, des lieux de stockage ou des espaces à valeur symbolique.
Certaines cavités ont pu servir d’abris ponctuels ou de lieux rituels, comme c’est fréquemment le cas dans les régions karstiques méditerranéennes. D’autres ont simplement structuré les déplacements, servant de repères dans un paysage ouvert et minéral.
Le monde souterrain, déjà, participe à l’organisation du territoire.
Une occupation qui prépare les périodes suivantes
Les occupations préhistoriques de Caussols ne doivent pas être envisagées comme un épisode isolé.
Elles posent les bases d’une relation durable entre l’homme et le plateau : connaissance des passages, des ressources, des zones favorables ou à éviter.
Cette connaissance du terrain sera reprise, transformée et amplifiée par les populations de l’Âge du Bronze et de l’Âge du Fer, puis par les sociétés antiques et médiévales. Les choix d’implantation ultérieurs ne sont jamais totalement déconnectés de cette première lecture du paysage.
Une mémoire ancienne, encore lisible
Aujourd’hui, la Préhistoire de Caussols reste largement invisible au regard non averti.
Elle ne se donne pas à voir comme un monument, mais comme une trame discrète, enfouie dans le relief, les pierres et les chemins.
Elle rappelle que le plateau n’a jamais été un espace vierge.
Bien avant les bergeries, les murets et les voies romaines, l’homme avait déjà appris à composer avec ce territoire exigeant.
À Caussols, la Préhistoire n’est pas un passé effacé.
Elle est le premier chapitre d’une histoire longue, où l’adaptation, la mesure et le respect des contraintes naturelles ont toujours conditionné la présence humaine.